Addictions ou dépendances ?

On parle généralement de dépendance à l’usage d’une substance psycho-active telles que l’alcool, la drogue, les médicaments etc., L’absence de leur consommation va entraîner un mal-être psychique, voire même physique, qui incite le personne devenue dépendante, à non seulement, en reprendre la consommation, mais également à la pérenniser.

L’addiction quant à elle, est une relation de dépendance à un produit ou un comportement. Elle se caractérise par l’impossibilité répétée pour un individu, de contrôler un comportement et/ou une consommation, malgré les conséquences négatives qu’elle engendre au niveau tant physique, que psychique, familiales, professionnelles, sociales etc…et bien que la personne ait conscience des dangers qu’elle représente.

Contrairement aux idées reçues, l’addiction ne reflète pas une faiblesse ou un manque de volonté chez l’individu dépendant, c’est un véritable engrenage, une réelle souffrance.

Consommées de façon abusive, les substances psychoactives agissent sur le cerveau, l’envahissent, entraînent des modifications cérébrales fonctionnelles et structurelles de plusieurs neuro-circuits.

Grâce aux neurosciences, on connait mieux aujourd’hui les mécanismes neurobiologiques de l’addiction. Ceux-ci sont étroitement liés au « système de récompense », un circuit du cerveau responsable des sensations de plaisir ressenties après certaines actions.

L’une des hypothèses est que l’addiction est basée justement sur un dérèglement du circuit de récompense.

Présent dans le cerveau de l’homme comme dans celui de nombreux animaux, c’est grâce à lui que nous répétons volontiers les comportements indispensables à notre survie et à celle de notre espèce : manger, boire, avoir des rapports sexuels, procréer… Dans les troubles addictifs, ce mécanisme fondamental du vivant est perturbé, tantôt par la prise d’une substance (alcool, drogues…) qui démultiplie la sensation de plaisir, tantôt par un dysfonctionnement initial du cerveau, qui ne régule pas correctement son système de récompense. Lorsque ces deux dimensions sont réunies, on aboutit à la maladie addictive.

Dans ce fameux circuit s’effectue en permanence une neurotransmission grâce à un neurotransmetteur que l’on appelle « la dopamine ».Les comportements addictifs avec ou sans produit vont augmenter de manière dramatique, la transmission dopaminergique.

Par exemple, si une personne consomme de l’alcool, elle augmente le sentiment de bien-être véhiculé par la dopamine. La sécrétion de celle-ci est augmentée à un facteur 200 (il est encore plus fort après la consommation de cocaïne).

La dopamine va par la suite se fixer sur les neurones récepteurs et provoquer un nouveau signal de bien-être. Le signal est ainsi amplifié et le cerveau « apprend » très rapidement à « reconnaître » l’alcool (ou autre substance) comme un stimulus très positif. Quand le taux de dopamine est augmenté de manière permanente, les neurones récepteurs « se défendent » en diminuant le nombre de récepteurs. Mais dans la mesure où le cerveau s’est déjà habitué aux signaux exagérés, cette baisse du nombre de récepteurs est équivalente à un déficit de récompense.

Bref, la personne finit par développer un besoin de plus en plus grand de stimulation positive pour compenser la baisse de plus en plus grande de récepteurs. On en arrive à un comportement addictif. Si à l’origine certains produits ont été pris initialement par plaisir, ils le sont ensuite essentiellement par besoin, avec d’importantes routines comportementales liées à des conditionnements, des automatisations et une perte de flexibilité cognitive.

Le cerveau subit des perturbations complexes de ses mécanismes, entraînant une perte totale de contrôle du comportement chez ces personnes.
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On parle également d’addictions comportementales liées aux jeux d’argent, jeux vidéo sur internet, au sexe, à l’ exercice physique, le travail, le shopping. Les conséquences de ces addictions peuvent encore rester limitées et réversibles.

Quel que soit les addictions, elles font appel aux mêmes stimuli sur le cerveau de l’individu devenu dépendant : la recherche du plaisir et le soulagement qu’il en retire

Dans le cadre d’un suivi par l’hypnose, il importe d’offrir avant tout une présence attentive à la personne addicte, à son histoire, son milieu, à la manière dont il s’est laissé prendre dans l’addiction. Explorer avec lui, les bénéfices secondaires de cette addiction, en quoi elle lui est utile, à quoi elle a servi.

Cette expérience hypnotique va permettre d’installer d’autres comportements plus favorables, d’intégrer de nouveaux apprentissages, renforcer la confiance et l’estime de soi.