Comment surmonter l’insurmontable ?

Le deuil est un processus normal et universel auquel nous avons été, nous sommes ou serons tous,  un jour confrontés.

Quelque soit le deuil auquel on est amené à faire face, c’est une période où l’on se retrouve face à soi, à ses  angoisses, face à une situation que l’on pense insurmontable. Chaque deuil est unique et chacun peut le traverser de manière très personnelle. Il n’y a pas un chemin de deuil, il y a autant de chemins que de personnes qui le parcoure. Il a pour conséquence de fragiliser, celui ou celle qui le vit.

Le travail de deuil est possible non seulement au niveau de la perte d’un proche, mais il est transposable dans le domaine sentimental, lors d’une rupture, dans le domaine amical lors d’un éloignement, d’une séparation, dans le domaine professionnel, lorsqu’on arrive à la fin d’un contrat, ou lors d’un licenciement.
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En ce qui me concerne je ne suis pas adepte de l’expression « faire son deuil » qui sous-tendrait l’idée de passer à autre chose, d’oublier, de tourner la page D’ailleurs, certaines personnes entrent en résistance par rapport à cette idée,  c’est un peu comme si on leur demandait de gommer, d’oublier la personne qu’elles ont aimée durant de longues années

Je préfère de loin l’expression « vivre son deuil » qui permet quelque soit le deuil, le cheminement nécessaire pour en parcourir chaque étape et aller vers un processus de reconstruction, au rythme qui est propre à chacun.

Les différentes étapes du deuil

Le deuil s’entend avec des étapes qui vont du choc émotionnel à la phase de reconstruction.

La première étape c’est le choc C’est une phase courte. L’annonce peut parfois laisser la personne concernée sans émotion apparente, on emploie alors le terme de sidération pour qualifier la réaction de la personne face à l’information transmise.  Exemple : « Je te quitte, c’est fini, vous êtes viré »

Puis vient  la phase de Déni qui est le refus de croire à l’information. Le rejet de l’information fait place à une discussion intérieure. Il ne faut cependant pas croire que la brièveté de cette phase signifie qu’elle n’est pas importante. Certaines personnes s’enferment dans cet état de déni, de « Ce n’est pas vrai, pas possible…. ».

La troisième étape c’est la colère et le marchandage : c’est une période où la personne va se sentir révoltée contre elle, contre les autres..Elle peut être amenée à avoir des comportements qu’elle ne comprend pas elle-même.
c’est aussi une phase de marchandage où on promet à une « instance supérieure » de ne plus faire telle ou telle chose si la situation originelle revient. La personne est confrontée à un maelstrom émotionnel, reproches, remords, ressentiments, dégoûts, répulsion, séduction ou agression En fait, la personne est confrontée à l’impossibilité d’un retour à la situation première.

Arrive la période de tristesse, de désespoir, la sensation d’injustice suivie par la phase de résignation qui se traduit par l’abandon de la lutte au cours de laquelle la personne peut avoir le sentiment d’avoir tout essayé pour revenir à la situation perdue

Vient enfin l’acceptation. Dans cette étape, la personne accepte la perte (de l’être cher, de la petite amie, ou du travail). En l’acceptant, elle est capable de garder les beaux moments mais aussi les moins bons. Elle commence à avoir plus confiance en elle, se sent mieux et l’avenir ne semble pas aussi noir qu’avant. Exemple : « J’y pense encore parfois, mais je m’en sors ».

La dernière phase la plus importante, la reconstruction. La personne se reconstruit progressivement, ce qui l’amène à mieux se connaître, à découvrir (ou redécouvrir) ses ressources personnelles, à prendre conscience de son existence, et de son potentiel.
Cette démarche développe la confiance en elle,  Le sentiment de vulnérabilité fait place à une nouvelle énergie.

Le deuil demande surtout à se sentir accompagné et entouré, cela fait partie du travail de reconstruction. Vivre son deuil c’est continuer à vivre !

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Poème de Paul Eluard « la nuit n’est jamais complète »

La nuit n’est jamais complète.
Il y a toujours, puisque je le dis,
Puisque je l’affirme,
Au bout du chagrin
Une fenêtre ouverte,
Une fenêtre éclairée,
Il y a toujours un rêve qui veille,
Désir à combler, Faim à satisfaire,
Un cœur généreux,
Une main tendue, une main ouverte,
Des yeux attentifs,
Une vie, la vie à se partager.